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Focus : Légionellose

Contexte

La pneumonie à Legionella (également appelée la maladie du légionnaire) et la fièvre de Pontiac (affection grippale) sont les syndromes qu'englobe le terme générique légionellose. Les deux sont provoquées par une infection par certains types de bactéries pathogènes humaines appelées Légionelles. Le texte ci-dessous concerne uniquement la maladie du légionnaire, la fièvre de Pontiac n'étant généralement pas diagnostiquée par manque de symptôme spécifique. De ce fait, il n'existe pas de données concernant les notifications de la fièvre de Pontiac.

La légionellose est soumise à une obligation de déclaration en Belgique. La détection d'un cas doit donner lieu à une plus grande vigilance ; la détection de plusieurs cas doit entraîner une recherche immédiate de la source d'infection. Le fait de déclarer les cas de légionellose permet avant tout de prendre rapidement des mesures de prévention et des sanctions éventuelles. Par ailleurs, grâce à cette obligation de déclaration, l'évolution de la légionellose dans l'espace et dans le temps est connue (surveillance épidémiologique).

Nombre de cas de maladie du légionnaire en Belgique et par Région

Le nombre de cas de maladie du légionnaire déclarés en Belgique et par Région, pour la période 2004-2009, est repris dans le tableau ci-dessous. Le rapportage à ce sujet se fait auprès de l'Institut scientifique de Santé publique (ISP), par des laboratoires vigies (participation volontaire de 100 laboratoires microbiologiques répartis sur toute la Belgique), des laboratoires de référence (qui apportent un soutien spécifique afin de confirmer un diagnostic posé ou une aide pour caractériser une certaine souche de Legionella) et - dans le cas de la Région de Bruxelles-Capitale (RBC) - par les médecins-inspecteurs de la santé de la Commission communautaire commune (Cocom) (obligation de déclaration).

Pour chaque déclaration de légionellose, il est demandé de fournir les informations suivantes:

  • la date de naissance,
  • le sexe et le domicile du patient,
  • la date à laquelle les symptômes se sont déclarés et l'évolution de la maladie,
  • la technique de diagnostic et le sérogroupe du germe,
  • l'éventuelle destination de voyage récent et
  • le lieu d'hébergement (hôtel ou camping) avec nom, adresse, numéro de téléphone et de chambre, la date des nuitées et l'exposition spécifique éventuelle (douches, jacuzzi, tour de refroidissement, etc.).

Nombre de cas de légionellose rapportés (2004-2009)

De 2004 à 2006, le nombre de déclarations de la maladie du légionnaire a augmenté en Belgique (pic de 230 cas en 2006) ; ce nombre a ensuite diminué durant la période 2007-2009. Renseignements pris auprès de l'ISP, rien n'explique le pic observé en 2006 ni le faible taux en 2009 (communication personnelle avec le Dr. Sophie Quollin). Il n'y a pas eu d'épidémie en Belgique en 2006 et le nombre de cas ne peut pas non plus être mis en rapport avec des voyages. Par ailleurs, la participation au réseau de screening est restée stable.

Une comparaison de l'évolution en Belgique et en Europe montre que c'est en 2006 que l'Europe a connu le plus grand nombre de cas depuis des années, et que ce nombre semble s'être maintenant stabilisé.

Le calcul, sur base des données précitées, du nombre de cas pour 100.000 habitants montre une incidence plus importante en RBC que dans les autres Régions. Ceci est probablement dû au plus grand nombre d'hôpitaux, d'hôtels et de maisons de repos par habitant, et à la sensibilisation accrue des médecins. Il est également devenu beaucoup plus simple de détecter la légionellose grâce à l’utilisation du test urinaire antigène.

En RBC, les infections à Legionella sont généralement des cas isolés. Il y a peut-être eu un cluster dans un hôpital bruxellois en 2008, mais cela n'a jamais été prouvé. Une fois que les installations de cet hôpital ont été désinfectées, plus aucun nouveau cas n'y a été relevé.

Conclusion

Ces dernières années, notre connaissance sur la légionellose a augmenté. De nouvelles techniques de diagnostic ont été introduites et les techniques existantes ont été optimisées. De meilleurs agents antimicrobiens pour le traitement de la maladie du légionnaire ont également été recherchés. La sensibilisation des médecins a en outre augmenté de façon tangible. Tous ces changements ont entraîné une stabilisation du nombre de cas signalés en Europe ainsi qu’une diminution pour la Belgique. Toutefois, l'obligation de déclaration en Belgique gagnerait à être de mieux harmonisée, afin que l'on puisse comparer rapidement et de manière fiable les incidences dans les différentes Régions.

 

Date de mise à jour: 06/10/2016
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