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Exposition de la population au bruit des transports

L’exposition potentielle de la population a été évaluée sur base des cadastres de bruit établis pour le trafic routier (2006), ferroviaire (2006) et aérien (2014). Le trafic routier est la source sonore qui affecte le plus grand nombre de Bruxellois, le trafic ferroviaire celle qui en affecte le moins. Près d’un habitant sur dix serait exposé à des niveaux bruyants voire très bruyants, en raison du seul trafic routier. En ce qui concerne le trafic aérien, le nombre d’habitants exposés est en général plus important en 2014 qu’en 2010, sans que cela ne concerne toutefois des niveaux sonores excessifs.

Bruit des transports lié au trafic routier, ferroviaire et aérien

En Région de Bruxelles-Capitale, les enjeux environnementaux sont de taille : concilier le développement de la ville et des activités humaines qui l’accompagnent tout en assurant une qualité de vie satisfaisante pour les habitants (environ 1 million de personnes), notamment en minimisant les nuisances environnementales occasionnées.

Afin d’évaluer les nuisances sonores sur l’environnement des bruxellois, un état des lieux « acoustique » du territoire a été dressé pour l’année de référence 2006 pour les bruits routier et ferroviaire et 2014 pour le bruit aérien. Cet état des lieux s’attache à quantifier le bruit « structurel », émis par les principales sources de bruit, à savoir les différents modes de transport (routier, aérien, ferroviaire) et à modéliser l’exposition de la population bruxelloise.

Par rapport au précédent rapport détaillé sur l’état de l’environnement, seul l’état des lieux du bruit lié au trafic aérien a fait l’objet d’une mise à jour. Les situations relatives au trafic routier et ferroviaire seront actualisées en 2017 sur base de la situation de 2016.

Evaluation de l'exposition de la population au bruit

Ces modélisations ont notamment été réalisées pour deux indicateurs de bruit :

  • l’indicateur Lden (day-evening-night) qui représente le niveau de bruit pondéré sur 24h avec la prise en compte d’une correction pénalisante de 5 dB(A) pour le soir (de 19h à 23h) et de10 dB(A) pour la nuit (de 23h à 7h), les bruits générés pendant ces moments de la journée étant ressentis comme plus gênants,
  • l’indicateur Ln (night) représentatif du niveau de bruit nocturne entre 23h et 7h.

Les résultats sont représentés sous forme cartographique et dénommés « cadastre du bruit ».

L’exposition de la population au bruit est ensuite estimée d’après son lieu de résidence et d’après l’exposition des bâtiments ayant une façade potentiellement soumise à un niveau de bruit donné (en considérant la façade la plus exposée, dans le cas du bruit routier et ferroviaire).

Précisons qu’il s’agit d’une estimation des habitants potentiellement exposés (i.e. des résidents) à un niveau de bruit extérieur et non des données d’exposition réelle au sein des bâtiments. Afin de relativiser ces résultats d’exposition, une indication complémentaire de la part de la population résidant dans des habitations possédant une « façade calme », où les niveaux sonores sont inférieurs de 20 dB(A) par rapport à la façade la plus exposée, est fournie (ce concept n’est pas pertinent pour le bruit aérien étant donné que les avions survolent l’ensemble du bâtiment).

Importance de l'exposition de la population aux bruits liés aux transports

Proportion de la population vivant dans des habitations exposées au bruit des transports (routier, aérien, ferroviaire) en Région de Bruxelles-Capitale

Sources : Bruxelles Environnement et Acouphen Environnement, 2010, « Bruit des transports, cartographie stratégique en Région de Bruxelles-Capitale », pour le bruit routier et ferroviaire, sur base de données de trafic de 2006 et de données de la population de 2003 (992.300 habitants) & Bruxelles Environnement, 2015, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale », pour le bruit aérien, sur base de données de trafic de 2014 et de données de la population de 2012 (1.138.854 habitants)

Proportion de la population vivant dans des habitations exposées au bruit des transports

Il ressort de ces résultats que le trafic routier correspond à la source de bruit affectant le plus grand nombre de Bruxellois, suivi par le trafic aérien puis par le trafic ferroviaire.

Il est utile de préciser que certains Bruxellois sont exposés à plusieurs sources de bruit simultanément (« multi-exposition »), les énergies sonores des différentes sources s’additionnant alors. Le concept de « façade calme » doit alors être interprété avec prudence : en effet, une façade peut être calme vis-à-vis d’une source de bruit mais être « bruyante » vis-à-vis d’autres sources de bruit. Les résultats présentés ci-dessous correspondent à l’analyse de chaque source de bruit prise individuellement et non à l’analyse de la multi-exposition.

Potentiellement près de 43% des habitants sont susceptibles de ressentir une gêne auditive importante (correspondant à des niveaux Lden excédant 55 dB(A), qui est le seuil où l’environnement sonore est qualifié de « relativement bruyant ») en raison des nuisances sonores liés au bruit routier, sachant que seulement 16% d’entre eux disposent d’une habitation possédant une façade calme. En revanche moins d’un habitant sur dix ressentirait cette gêne en raison des nuisances sonores liées au trafic aérien (7%) ou au trafic ferroviaire (4%, dont 22% disposent d’une façade calme).

En outre, près de 11% des habitants sont potentiellement exposés à des niveaux sonores liés au bruit routier au-delà de 65 dB(A), qui est le seuil où l’environnement sonore est qualifié de « bruyant » (à titre de comparaison, le seuil d’intervention pour cette source de bruit est fixé à 68 dB(A)). La majorité d’entre eux (58%) ne dispose pas d’une solution de repli offerte par une façade calme. Cette proportion serait dix fois moins importante dans le cas du bruit ferroviaire (1%, sachant que la moitié d’entre eux possède une habitation avec une façade calme). Elle est quasi nulle dans le cas du bruit aérien.

Notons tout de même que 0,2% de la population bruxelloise est potentiellement exposée à un niveau de bruit supérieur à 75 dB(A). Seul le trafic routier est responsable de l’atteinte de tels niveaux (Lden), qui s’observent à proximité immédiate des axes autoroutiers et de la petite et moyenne ceinture. Heureusement, près des trois quarts des habitants concernés disposent de locaux plus calmes.

La nuit, la gêne sonore due aux transports affecte un plus grand nombre de personnes. Néanmoins ceci n’est pas valable pour les niveaux sonores extrêmes.

Ainsi, en comparant les différents modes de transport, il est intéressant de signaler que le seuil pour lequel les perturbations sur le sommeil sont jugées modérées à fortes par l’OMS (Ln supérieur à 45 B(A)) serait franchi pour 47% des bruxellois en raison du seul bruit routier, 17% en raison du seul bruit aérien et 4% en raison du seul bruit ferroviaire. De plus seulement 14% des personnes exposées à ces niveaux de bruit routier peuvent bénéficier d’une ambiance sonore plus agréable (i.e. d’une façade calme). Remarquons également que le pourcentage de la population exposée au-delà de ce seuil pour le seul bruit du trafic aérien est de 8 points supérieur en 2014 comparé à 2010 (17% vs 9%). Or 2014 a été l’année d’application d’un nouveau plan de dispersion des vols décollant de l’aéroport de Bruxelles National. Suite à la mise en œuvre de ce plan, de nombreux quartiers, certains densément peuplés, ont été survolés par les avions alors qu’ils ne l’étaient pas auparavant. Le choix des routes aériennes est donc susceptible d’avoir des répercussions directes au niveau de la population exposée.

En outre, près de 4% des habitants sont potentiellement exposés la nuit à un niveau sonore (Ln) lié au trafic routier dépassant la valeur de 60 dB(A), qui est le seuil d’intervention défini au niveau régional. Un peu plus de la moitié d’entre eux (54%) disposent d’une façade calme vis-à-vis du bruit routier.

En ce qui concerne le trafic ferroviaire, la proportion d’habitants concernés par le dépassement de ce seuil s’élève à 0,5%, sachant que les trois quarts d’entre eux environ disposent d’une façade calme vis-à-vis du bruit des trains. En revanche, le trafic aérien n’affecte personne au-delà de ce seuil.

Notons que les résultats présentés sont à examiner en tenant compte du caractère subjectif propre à la perception du bruit par les personnes. Le ressenti des habitants vis-à-vis de leur environnement sonore est en effet également dépendant d’autres paramètres que l’exposition (tels que la source sonore, le moment de la journée mais aussi les caractéristiques personnelles des habitants et l’état de leur logement).

 

Date de mise à jour: 23/01/2018
Documents: 

Fiche(s) méthodologique(s)

Tableau(x) reprenant les données 

Fiche(s) documentée(s)

Fiche(s) de l’Etat de l’Environnement

Autres publications de Bruxelles Environnement

Etude(s) et rapport(s)