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Consommation en eau de distribution par les ménages

Les ménages utilisent 69% de l’eau distribuée en Région bruxelloise. La consommation moyenne journalière d’eau de distribution par Bruxellois s’élève à 96 litres/jour/habitant (2014). Fait nouveau depuis 2012 : cette consommation semble se stabiliser, alors qu’elle avait régulièrement baissé pendant une dizaine d’années.

Importance de la consommation d'eau par les ménages

La consommation en eau de distribution par les ménages bruxellois représente, en 2014, 69% de la consommation totale facturée de la Région bruxelloise.

En moyenne, pour cette même année, la consommation domestique en eau de distribution s’élève à 96,4 litres par jour et par Bruxellois. Ces mêmes moyennes, ramenées à l’échelle des communes, oscillent entre 85 et 108 litres/habitant/an.

Précisons toutefois que ces estimations ne prennent pas en compte la consommation domestique des Bruxellois sur leur lieu de travail. La consommation domestique réelle des Bruxellois est donc supérieure.

Evolution récente et facteurs explicatifs possibles

La consommation en eau moyenne des Bruxellois n’a cessé de diminuer de manière significative entre 2002 et 2012 (- 26 litres soit une baisse de près de 20%). Mais depuis 2012, elle semble se stabiliser. En parallèle, la population a connu une forte croissance entre 2002 et 2012 puis un tassement de celle-ci. Ce qui explique que la consommation globale à l’échelle de la Région est restée stable sur la période.

Les facteurs susceptibles d’influer sur la consommation d’eau sont multiples (structure de la population, revenu des ménages, taille des ménages, conscientisation des ménages, équipement des ménages en appareils électro-ménagers économes en eau, disposition ou non d’une citerne, tarification de l’eau, etc.). Pour la Région wallonne, selon une étude d’Aquawal, les disparités géographiques observées dépendraient essentiellement du revenu des ménages et de la présence de citernes d’eau de pluie : plus le revenu et/ou le recours aux citernes est élevé, plus la consommation diminue.

Or, en Région bruxelloise, la baisse significative de la consommation domestique moyenne d’eau par habitant entre 2002 et 2012 est intervenue alors que le revenu des ménages a globalement augmenté entre 2003 et 2012 (malgré une période de stagnation entre 2008 et 2010), sans doute en lien avec la crise économique (IBSA, 2015). Quant au recours à l’eau de pluie, il demeure assez marginal (voir le chapitre qui y est consacré à la fin de cette fiche). Le revenu des ménages et le recours à l’eau de pluie ne semblent donc pas être à l’origine de la diminution de la consommation d’eau dans le contexte bruxellois. Plusieurs hypothèses sont avancées pour tenter de justifier cette baisse : généralisation des équipements plus économes en eau (douches, WC, lave-vaisselles et lave-linges, …), conscientisation accrue des ménages, augmentation du prix de l’eau et introduction en janvier 2005 d’une tarification augmentant avec l’importance de la consommation par personne, ou encore conscientisation accrue des ménages... Il est certain que l’augmentation de la facture d’eau sur la période considérée a eu une influence. Néanmoins, l’eau étant un bien de première nécessité, sa consommation n’évolue que modérément en fonction de son prix (élasticité faible) : une hausse de 10% du prix de l’eau engendre une baisse d’1% environ de la consommation des ménages bruxellois (cf. projet de second plan de gestion de l’eau).

La stabilisation, qui semble être la nouvelle tendance depuis 2012, pourrait-elle signifier que la consommation moyenne atteinte s’approche de la « consommation efficace », à savoir qu’elle satisfait les besoins domestiques minimum sans perte de bien-être et sans recours à une ressource alternative ? Cette dernière a en effet été évaluée à 94 l/jour/hab en Wallonie, lors d’une étude menée auprès de 3000 ménages. Cette même étude indique que le niveau de consommation chute à 72 l/jour/hab dès qu’une ressource alternative (dans 95% des cas, de l’eau de pluie) est utilisée pour un usage intérieur (Indicateurs clés de l’environnement wallon 2014).

Consommation en eau de distribution par les ménages (2002-2014)

Sources : VIVAQUA (consommations relevées aux compteurs) et Service Public Fédéral Economie, Direction générale Statistique et Information Economique (Registre national, population au 1er janvier de l’année)

Consommation en eau de distribution par les ménages (2002-2014)

Selon les données de BELGAQUA (2008), seuls 12% de la consommation en eau des ménages bruxellois sont consacrés à la boisson et à l’alimentation ainsi qu’à la vaisselle.

Utilisation domestique de l’eau de distribution

Source : BELGAQUA, 2008

Utilisation domestique de l’eau de distribution

Comparaisons inter-régionales

En Régions wallonne et flamande, les consommations domestiques d’eau de distribution sont respectivement évaluées à 89,5 l/jour/hab (2002 – Predevello, 2006 dans l’Etat de l’environnement wallon 2006-2007) et à 100 l/jour/hab (2012 – Watermeter 2013). La différence observée entre la Région bruxelloise et la Région wallonne pourrait notamment s’expliquer par une utilisation supérieure d’eau de pluie. Il convient cependant d’être prudent lorsqu’on établit ce type de comparaison vu les difficultés méthodologiques à établir ces statistiques. Par ailleurs, en Région bruxelloise, le problème des personnes «statistiquement invisibles» (candidats réfugiés inscrits sur le registre d’attente, personnes sans papiers, personnel diplomatique étranger et étrangers attachés aux institutions internationales) est plus marqué que dans les autres régions.

Selon la Fédération belge du secteur de l’eau (BELGAQUA), la consommation domestique d’eau par habitant à l’échelle nationale était en 2008 la plus basse d'Europe. L’évolution à la baisse de la consommation moyenne des Bruxellois (-18,2% entre 1996 et 2008) est bien corrélée à celle des Belges (-23% sur cette même période selon Belgaqua).

Utilisation de l'eau de pluie

Selon la dernière enquête socio-économique générale, seuls 10% des ménages bruxellois disposaient en 2001 d’une citerne d’eau de pluie, soit bien moins que dans les Régions flamande (43%) et wallonne (31%) mais également moins que dans certaines autres grandes villes belges (32% à Gand, 34% à Charleroi). Par ailleurs, lors des « Baromètres de la sensibilité des Bruxellois envers l’environnement » effectués entre 2008 et 2012, de 10 à 20% des Bruxellois interrogés déclaraient utiliser souvent ou en permanence l’eau de pluie. Ce chiffre différait en 2009 selon que les sondés habitent une maison (31% de ces derniers déclarent recourir à l’eau de pluie) ou un appartement (11%) et selon qu’ils sont locataires (15%) ou propriétaires (18%).

En Région bruxelloise, le recours à l’eau de pluie est encouragé par un système de primes régionale et communales (10 communes en 2014) relative à la rénovation ou au placement d’une citerne. Une enquête réalisée par Bruxelles Environnement auprès des communes a néanmoins permis de constater que le recours à cette prime était très peu fréquent (cf. Rapport d’incidences environnementales du premier Plan de gestion de l’eau, chapitre 2.4, p.213-214). Au niveau régional, selon les données communiquées par Bruxelles Développement Urbain (Direction du Logement), les demandes de primes pour installation ou rénovation d’une citerne représentent seulement 4% des dossiers introduits (201 demandes sur un total de 4979 dossiers entre janvier 2008 et février 2011 et 125 demandes sur un total de 3469 dossiers en 2011 et 2012). Une étude du marché des citernes d’eau de pluie en Région bruxelloise réalisée en 2012 met en évidence certains freins au placement ou à la rénovation de citernes : faible montant des primes par rapport au coût de l’installation, retour sur investissement faible, accès difficile et manque de place sur les terrains, mais aussi l’inquiétude des citoyens de devoir payer une taxe dans le futur. Le parc de citernes à eau de pluie est difficile à estimer car aucun recensement n’est organisé à ce jour.

Par ailleurs, l’utilisation durable de l’eau de distribution, notamment par les ménages, constitue l’un des axes d’intervention du premier Plan de gestion de l’eau (2009-2015) et du second plan en cours d’adoption (2016-2021).

Date de mise à jour: 23/01/2018
Documents: 

Fiche(s) méthodologique(s)

Tableau(x) reprenant les données

Fiche(s) documentée(s)

Autres publications de Bruxelles Environnement

Etude(s) et rapport(s)

Plan(s) et programme(s)