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Influence de la mobilité

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Si les concentrations de polluants dus à la circulation routière sont sensiblement en  baisse, le trafic routier reste l’une des sources principales d’émission de polluants préoccupants pour la santé en Région de Bruxelles-Capitale.

 

 

 

 

 

Trois types d’émissions de polluants dans l’air ambiant sont directement liés au trafic :

  • des composés organiques volatils (COV ou solvants) s’échappent lorsque vous faites le plein à la pompe;
  • des COV s’évaporent également du véhicule (réservoir et moteur) même si celui-ci est à l’arrêt et moteur éteint;
  • des oxydes de carbone (CO et CO2), des oxydes d’azote (NO et NO2), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des particules fines de poussières (PM10 ) sont émis par le pot d’échappement lors du processus de combustion du carburant (dès que le moteur est allumé).

Les émissions du pot d’échappement dépendent majoritairement de la température du moteur, de la température ambiante, de la vitesse et de la technologie du véhicule. Il est possible de les réduire en adaptant sa conduite (voir nos conseils pratiques d’éco-comportement dans la rubrique « Mes déplacements »).

Le constat des journées sans voiture

Les mesures effectuées lors des « Journées sans voiture » démontrent  régulièrement l’impact polluant du trafic routier.

Parmi les polluants incriminés, les NOX (oxydes d’azote) présentent des différences assez spectaculaires entre une journée sans voiture et un jour normal de trafic.

Ainsi la rue de la Loi, fortement exposée au trafic, présentait en 2005 une moyenne en NO (monoxyde d’azote) dix fois inférieure à la moyenne d’un jour de semaine et cinq fois inférieure à la moyenne d’un dimanche normal. A la réouverture de la circulation (vers 19h), on a très clairement pu observer que la pollution en NO a grimpé en flèche.

Dans les tunnels, ces différences sont encore plus fortes puisqu’on a relevé dans le tunnel Léopold II une concentration 112 fois moindre de NO qu’un jour de semaine et 85 fois moindre qu’un dimanche normal. Les concentrations en CO  observées dans le tunnel étaient, ce dimanche-là, douze fois moindres qu’un dimanche normal et seize fois moindres qu’un jour de semaine.

Le cas particulier de l’ozone

Lors du dimanche sans voiture 2003 (journée particulièrement ensoleillée), la concentration en ozone était plus élevée qu’un dimanche ou un jour de semaine ordinaire ! Ces concentrations élevées ont chuté à tous les postes de mesure au moment de la réouverture de la circulation (vers 19h).

Ce phénomène s’explique par le fait que, dans les gaz d’échappement, on retrouve à la fois les gaz producteurs (le dioxyde d’azote - NO2) et destructeurs de l’ozone (le monoxyde d’azote - NO). A l’arrêt du trafic, on observe un changement des niveaux de concentrations. Il y a alors moins de NO que de NO2 dans l’air ambiant, ce qui entraîne une destruction d’ozone moins intense que sa production. Dès le retour du trafic, la concentration en NO est à nouveau plus élevée, ce qui permet une diminution importante des quantités d’ozone.

Cette expérience montre qu’une mesure d’urgence comme l’arrêt du trafic lors d’un pic d’ozone afin de diminuer celui-ci serait contre-productive à court terme. Pour prévenir les pics d’ozone en été, il est essentiel de prendre des mesures structurelles et de réduire les émissions de NOX à la source et sur le long terme !

Et celui des particules en suspension

Le cas des particules (PM10) est également complexe puisque des concentrations relativement élevées sont régulièrement enregistrées lors de journées avec peu de trafic. Ceci tend à montrer que seule une petite fraction des PM10 provient directement du trafic. D’après les analyses effectuées, une part importante des particules serait d’origine naturelle. Il reste néanmoins important de réduire les émissions de particules issues du trafic, vu leur nocivité importante.

Date de mise à jour: 13/09/2016