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Y a-t -il des risques pour ma santé à cultiver en ville ?

Il existe plusieurs sources de pollution potentielles quand nous cultivons en ville.

Principalement par:

  • le sol
  • l’eau d’arrosage
  • la voie aérienne
  • les pesticides et engrais chimiques

Cependant, les pollutions sont maitrisables sur base de certaines bonnes pratiques (liens vers ci-dessous) et mesures de prévention.

Il faut donc relativiser ! Il s ‘agit d’y être attentif, mais de considérer également tous les bienfaits qu’apporte le fait de cultiver en ville : détente, activité physique, convivialité, manger ses propres légumes ou fruits, apprendre à ses enfants,… La principale contamination au quotidien des citadins n’est certainement pas le fait d’une consommation de fruits et légumes qui auraient poussés en ville !

Cultiver et consommer des fruits et légumes de manière écologique et locale, même en ville, reste meilleur pour sa santé que les produits « arrosés » de pesticides !

1. Cultiver sur un sol sain

La problématique de la pollution du sol ne doit pas constituer un frein à la production alimentaire mais il est nécessaire de rester vigilant. En particulier en milieu urbain et dans les zones anciennement industrialisées,  comme à Bruxelles.

La pollution du sol est souvent peu visible, mais elle peut avoir un impact sur la qualité de votre récolte, votre santé et votre cadre de vie.

Recommandations

  • Se renseigner sur l’historique de son terrain, entre autre en consultant la carte de l’inventaire.
  • Effectuer une analyse.
  • Ajouter régulièrement du compost et de la matière organique saine dans son potager minimise l’effet des polluants.
  • Localiser son potager/verger à distance de sites à risques (garages, industries,…).
  • Si vous cultivez en bacs, connaitre l’origine de la terre utilisée.
  • Certains comportement peuvent engendrer une pollution du sol :
    • Vérifier l’origine des terres et autre substrats que vous apportez dans votre potager.
    • Ne pas utiliser de plantes ou déchets de plantes provenant de lieux contaminés pour faire son compost.
    • Ne pas vidanger d’éventuels appareils à gazoil sur le site.
    • Ne pas utiliser pour les bordures ou pour les abris de jardins des matériaux potentiellement polluants : amiante, zinc,  et choisir des matériaux écologiques de construction et d’entretien écologiques.

2. Air

Dans une capitale telle que la nôtre, la pollution de l’air est malheureusement bien présente.

Cette pollution peut avoir différentes origines : circulation des véhicules, chauffage urbain, incinérateur, industries,…

Dans certains cas, comme à proximité de voiries fort fréquentées, la pollution peut avoir des effets sur les fruits et légumes que nous cultivons en ville si nous n’y prêtons pas attention. Quelques conseils simples permettent de profiter de vos récoltes sans soucis.

Les principaux polluants provenant de l’air urbain sont les particules fines,  les métaux lourds, les COV (composé organiques volatiles) et les HAPs (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques).

Les quelques études actuelles confirment que la proximité d’un trafic important augmente la concentration en métaux lourds dans les productions.  Mais l’on note une diminution de certains polluants (HAP et métaux lourds) avec une distance croissante des voiries. Cependant, il n’existe pas encore de consensus sur la distance idéale à observer avec les voiries. En effet, cela dépend du type de polluant, du vent, des obstacles présents ou non, de l’interaction avec les différents types de légumes, de la hauteur des potagers,…

Il apparait également que la présence d’obstacle (bâtiments, arbres, haies, palissades) entre le potager et la rue diminue la présence de pollution. La présence d’arbres en voirie ou à proximité est également bénéfique.

Recommandations

  • De manière générale, il est recommandé de laver ses fruits et légumes avant la consommation afin d’éliminer les pollutions de surface.
  • Choisir le lieu d’implantation de son potager :
    • De manière générale, éviter de cultiver à proximité de voiries fort fréquentées.
    • Si vous en avez la possibilité, placez des « obstacles » entre le potager et les voiries : bâtiments, haies, arbres, palissades.
    • Si vous cultivez sur votre balcon ou terrasse,  et si vous en avez la possibilité, il est préférable de cultiver « côté jardin » que « côté rue ».
    • Si cependant vous cultivez « côté rue », préférez prendre de la hauteur.
    • Les légumes accumulent de manière différentes les pollutions. il est communément admis que les arbres fruitiers et les légumes fruits les accumulent moins. Ils peuvent être donc placés du coté le plus proche de la voirie tandis que les légumes feuilles seront placés dans les lieux plus protégés.

3. Eau pour mon potager

L’eau utilisée pour arroser votre potager peut provenir d’eau de pluie, de l’eau de distribution, d’un cours d’eau ou d’un puit.

L’eau de pluie stockée dans une citerne peut, dans certains cas, être polluée. Elle peut en effet se charger de particules qu’elle rencontre sur les toitures : métaux lourds, poussières, résidus, , … Cependant, lorsque que l’eau a subit la décantation qui s’opère naturellement dans une citerne, il  a été montré qu’un important abattement de cette éventuelle pollution est effective et se dépose (par floculation, entrainement des grosses particules) au fond de la citerne.

L’eau d’un puit ou d’un forage, que ce soit en ville ou à la campagne, provenant d’une nappe souterraine ou d’eau de surface peut potentiellement être contaminée par la percolation des polluants à travers le sol.

L’eau du robinet à Bruxelles est très contrôlée et respecte toutes les normes européennes en la matière. Elle ne présente donc pas de risque pour la santé humaine ni pour arroser les fruits et légumes.

Recommandations

  • Récolter son eau de pluie pour arroser son potager est une très bonne idée et permet d’économiser cette précieuse ressource. Par contre, il est nécessaire d’être attentif au type de revêtement sur lequel l’eau est récoltée. Le zinc est totalement proscrit.
  • Il est utile d’utiliser une citerne pour permettre une décantation de l’eau de pluie. Un filtre (pour les feuilles et débris) à l’entrée de la citerne peut être envisagé (même de facture  très simple, via un récipient percé empli de paille par exemple).
  • Toujours laver les fruits et légumes avant consommation.
  • Les eaux de ruissellement de voirie ne doivent pas non plus être utilisées , sauf si elles ont été traitées notamment par une noue ou tout autre dispositif extensif (planté).
  • Si vous utiliser l’eau d’un cours d’eau ou d’un forage/puit, il est conseillé de prendre contact avec les gestionnaires du cours d’eau (Communes ou Bruxelles Environnement) pour avoir un avis sur l’état de l’eau.
  • Et pour éviter de polluer l’eau souterraine, éviter de mettre son compost/fumier près d’un point d’eau (mare , cours d’eau, étang,… traduisant souvent la proximité de la nappe).

4. Pesticides et engrais chimiques

Les pesticides posent actuellement de réels problèmes de santé publique : certains sont reconnus comme à l’origine du développement de maladies telles que des cancers, des maladies neurologiques, l’infertilité, etc…

Outre l’impact possible sur la santé, l’usage excessif de pesticides menace également notre environnement : on constate une diminution de la biodiversité, ce qui mène à terme à un bouleversement des écosystèmes. L’eau et le sol peuvent se retrouver pollués après utilisation intensive de pesticides.

Mieux vaut privilégier des alternatives naturelles aux pesticides, le potager et votre santé ne s’en porteront que mieux !

5. Cultiver en rue

Vous souhaitez cultiver en rue, pour vous-même ou pour partager avec les passants, comme le mouvement des Incroyables Comestibles ?

Préférez une rue peu fréquentée et assurez-vous que les cultures soient protégées, entre autre en cultivant en bacs et dans un sol sain.

Par contre, les cultures de comestibles en pieds d’arbres au niveau du trottoir ne sont pas particulièrement recommandées. En effet, les pieds d’arbres ne sont pas ménagés dans la ville! Poubelles, déchets, vélos, déjections canines, sel de déneigement, piétinement,..  Les contraintes environnementales sont également nombreuses : hauteur des gaz d’échappement, sol de qualité variable, fosses souvent trop petites, ombrage souvent important, besoins d’arrosages important,…

6. Matériaux de réemploi et autres

De manière générale , la question des matériaux dans les projets d'agriculture urbaine doit être mentionnée. Les pots, seaux ou bâches en plastique par exemple peuvent à terme se dégrader et se décomposer en toutes petites particules, qui resteront dans le sol.

Pour les matériaux de réemploi,  le vécu du matériel avant son arrivée et son utilisation n'est pas spécifiquement connu et par conséquent quelques précautions s'imposent.

Qu'en est-il des palettes ?

La plupart des palettes subissent un traitement HT (chauffage à température de 55°C environ, norme nimp 15) pour prévenir tout risque de contamination environnementale liée à la prolifération d'insectes xylpohages. Pour les palettes fabriquées avant 2010 (et qui peuvent encore se retrouver dans le circuit), certaines ont pu recevoir un traitement au bromure de méthyl, ce qui est interdit depuis.

D'autres traitements peuvent être faits sur les palettes (pour éviter le bleuissement du bois ou pour d'autres raisons), à base de produits chimiques, pour autant que ces produits soient autorisés par l'autorité nationale comme adaptés au contact avec des denrées alimentaires (dans le cadre toujours du transport, qui est la raison d'être originelle de la palette).

Difficile dès lors de savoir quels sont les produits utilisés en matière de traitement de palettes : certaines ne sont pas traitées hormis pour la normenimp15 (en HT, ce qui ne constitue pas un problème) ; pour d'autres, c'est plus incertain...

Par conséquent, il faut agir avec précaution face à ces matériaux qui ont pu accumulé des polluants au fil de leur cycle de vie.

Recommandations

Néanmoins au vu de leur intérêt dans le cadre de la valorisation des ressources et de l'économie circulaire, en cas d'utilisation on préconise les éléments suivants :

  • Ne pas mettre le substrat directement en contact avec le bois (comme on le fait aussi pour les bacs de jardinerie).
  • Afin de garantir à la fois une qualité de substrat suffisante (diminuer les risques éventuels de contamination) et d'augmenter la durabilité du matériau bois (en limitant le pourrissement prématuré des planches), il est nécessaire d'installer une bâche/geotextile entre les deux. 
Date de mise à jour: 13/10/2017