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L’amiante, s’en protéger sans paniquer

Sans que nous nous en rendions compte, l’amiante est encore présent autour de nous, dans certains bâtiments ou équipements techniques. Il existe donc toujours actuellement d’importants risques d’exposition à cette fibre dangereuse. Ces risques sont souvent liés aux travaux de nettoyage, de réparation, de rénovation, de démolition de bâtiments ou d’installations amiantées, d’enlèvement sans précaution de matériaux amiantés et de mise en décharge d’amiante. Le risque lié à la présence d’un matériau amianté est à évaluer au cas par cas.

Face à ce danger, la question des conséquences d’une exposition éventuelle à des fibres d’amiante peut se poser. Heureusement, différentes mesures existent afin de limiter ce risque. Celles-ci dépendront de la nature, des quantités, de la localisation et de l’état de l’amiante présent dans le bâtiment.

Les informations reprises ci-dessous sont des renseignements généraux sur les problèmes de santé liés à l’amiante. En aucun cas ceux-ci ne valent les informations d’un médecin spécialiste.

Quels sont les situations à risque ?

Suite à la disparition des manufactures de matériaux amiantés, les fréquences, les durées et les niveaux d’exposition de travailleurs à l’amiante ont fortement diminué.

Pour certains métiers ou lors de certaines activités, un risque subsiste néanmoins. Les travailleurs du secteur du bâtiment (rénovation, maintenance et démolition) peuvent être considérés comme potentiellement les plus exposés (démolisseurs, chauffagistes, couvreurs, ascensoristes…). L’arrêté royal du 16 mars 2006, relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à l’amiante a été publié afin de réduire, entre autres, les risques pour ces corps de métier.

La population est également exposée de façon indirecte et inconsciente à l’amiante. Cette exposition croît depuis plusieurs années, conséquence directe de la dégradation naturelle de certains matériaux amiantés placés dans les années 50-70 (pour rappel, l’amiante est interdit d’utilisation en Belgique depuis 1998). Les bricoleurs non avertis, manipulant des matériaux amiantés sans prendre les mesures adéquates représentent également des situations où les intervenants (et les tiers) peuvent être soumis à des risques importants.

Les risques d’exposition sont difficilement évaluables, voire détectables, compte tenu du grand nombre et de la diversité des matériaux amiantés encore présents dans nos bâtiments (maisons, écoles, immeubles…) et équipements techniques (automobile, électricité…). Cependant, le risque de contracter des maladies dues à l’amiante est nettement moins élevé pour des personnes exposées passivement à l’amiante (par exemple : amiante présent dans les locaux de travail/séjour ou dans l’environnement urbain).

Quels sont les risques et les maladies lies à l’exposition aux fibres d’amiante ?

Toutes les fibres d’amiante sont nocives, bien que les fibres d’amiante de type crocidolite (encore appelée amiante bleu) sont considérées comme les plus dangereuses. 

Les fibres d'amiante sont très fines (jusqu'à 0,02 µm, soit 2 000 fois plus fines qu'un cheveu) mais relativement longues (jusqu'à 0,02 mm). Celles-ci peuvent pénétrer jusqu'aux alvéoles pulmonaires, y rester et causer des lésions. Les fibres sont bio-persistantes, celles-ci restent donc au sein de l’organisme et peuvent, ainsi, générer différentes maladies.

Le matériau amianté en tant que tel ne présente pas de danger. En fait, l'amiante ne constitue un risque pour la santé que si les fibres se retrouvent dans l'air.

Les effets de l'amiante dépendent de différents facteurs :

  • Le niveau ou l’intensité de l’exposition (la concentration des fibres dans l'air);
  • La quantité de fibres inhalées;
  • la durée d'exposition;
  • la fréquence des expositions;
  • la taille et le type des fibres d'amiante inhalées;
  • le temps écoulé depuis la première exposition;
  • l’âge

Les maladies liées à l’amiante sont soit non cancéreuses, telle que l’asbestose ou fibrose des poumons, soit cancéreuses, comme le mésothéliome ou le cancer du poumon :

  • les maladies non-cancéreuses : il s’agit exceptionnellement d’épanchements pleuraux qui peuvent être récidivants, de plaques de sclérose qui épaississent la plèvre sans conséquences fonctionnelles notables. Dans le cas d’empoussièrement important, habituellement d'origine professionnelle, l’amiante peut provoquer une sclérose du tissu pulmonaire (asbestose) qui réduira la fonction respiratoire et peut dans les cas les plus graves produire une insuffisance respiratoire mortelle.
  • les maladies cancéreuses : il s’agit de cancers qui peuvent atteindre soit le revêtement de la cavité pleurale qui entoure les poumons (mésothéliomes), soit le revêtement des cavités pulmonaires (cancers broncho-pulmonaires). Les autres cancers dus à l’amiante sont plus rares (larynx, péricarde, péritoine).

Ces maladies surviennent, en général, après un long temps de latence entre le début de l’exposition à l’amiante et l’apparition de symptômes ou de signes radiologiques (20 à 40 années sont des délais fréquemment observés).

En cas d’une exposition accidentelle à de grandes quantités d’amiante, une visite chez un spécialiste (pneumologue…) est conseillée. En général une faible exposition, de courte durée n’est pas significative pour augmenter le risque de développer un cancer.

Conclusions

Le mot « amiante » évoque souvent, pour la plupart d’entre nous, un risque important en termes de santé. Cependant, s’ils sont bien gérés, la plupart des matériaux amiantés ne présentent pas ou peu de risque. En effet, l’amiante ne présente un risque pour la santé humaine que si les fibres contenues dans les matériaux sont libérées dans l’air et sont inhalées.

Le risque de développer une maladie suite à l’inhalation de fibres d’amiante augmente avec la quantité de fibres inhalées, mais est impossible à déterminer avec précision.

Pour toute manipulation d’un matériau contenant de l’amiante, toutes les précautions nécessaires doivent être prises afin de limiter, au maximum, la libération de fibres et ainsi, éviter tous risques éventuels pour la santé.

Plus d’informations concernant les procédures à suivre dans le cas d’un enlèvement d’amiante sont disponibles.

Date de mise à jour: 17/11/2016
Contact: 
  • Pour toute information concernant les matériaux amiantés, un futur chantier de désamiantage ou pour les dossiers de demande de permis de désamiantage en cours:
    • Service info 02 775 75 75​
    • Division Autorisations et Partenariats: courriel
  • Pour toute information concernant un chantier de désamiantage en cours:
    • Division Inspectorat: 02 775 75 01  
  • En cas de plainte, transmettez-là par écrit en mentionnant votre identité, votre adresse, les problèmes rencontrés et vos attentes:
    • par courrier à l'adresse: Division Inspectorat – Avenue du Port 86 C, boite 3000 à 1000 Bruxelles
    • par fax au numéro 02 775 75 05