Vous êtes ici

La coccinelle asiatique

Coccinelles © Gilles San MartinLes coccinelles sont des insectes très utiles. Lorsque des plantes sont envahies par des pucerons ou par d’autres insectes qui les dévorent ou s’y installent, elles offrent une alternative plus qu’intéressante aux pesticides. En effet, une larve de coccinelle déposée sur une feuille peut manger pendant sa métamorphose vers l’âge adulte (2 ou 3 semaines) plusieurs centaines de pucerons ! L’utilisation d’insecticides, à la fois nocifs pour la santé publique et l’environnement, devient ainsi superflue.

 

Des agents de lutte biologique

Au début des années 90, des coccinelles asiatiques bigarrées, appartenant à l’espèce Harmonia axyridis et originaires du sud-est de l’Asie ont été volontairement importées en Belgique comme agents de lutte biologique contre les pucerons. D’abord utilisées dans les serres, elles se sont ensuite répandues dans la nature à une vitesse extraordinaire. Leur multiplication crée aujourd’hui un problème. L’espèce est devenue invasive au point de mettre en péril les « bêtes à bon Dieu » indigènes. Elles sont, en effet, voraces, s’intéressent à la même nourriture que les coccinelles locales et ont parfois même tendance… à manger leurs larves !

Bruxelles n’échappe pas au phénomène. Elle fut même l’un des premiers centres où il fut observé.

Observations inquiétantes

En collaboration avec l’ULB et le Groupe de travail Coccinula, Bruxelles Environnement surveille ces insectes et recueille les informations permettant d’en comprendre la dispersion en Belgique. Les premiers relevés effectués sont inquiétants ; ils démontrent que l’espèce asiatique a largement envahi les parcs et jardins de la capitale et a même dépassé l’espèce locale en nombre !

Invasives, l’hiver

Les coccinelles sont des coléoptères qui tentent de survivre au froid en se réfugiant dans des endroits secs et sombres où la température reste constante. Caves isolées, châteaux, maisons… sont autant d’endroits privilégiés pour hiverner.

A l’approche du froid, les coccinelles asiatiques sont depuis quelques années à l’origine de véritables phénomènes d’invasion. Lorsque la température commence à baisser, elles se rassemblent et forment des groupes de plusieurs milliers d’individus. Ces impressionnantes colonies peuvent être observées sur les trottoirs, dans les bâtiments ou les voitures dès les premiers frimas. Au printemps, après avoir profité du confort de nos habitations pendant l’hiver, elles retournent à l’extérieur qui constitue leur milieu naturel à la belle saison.

Nuisances? Mode d’emploi !

Certes, les coccinelles asiatiques sont utiles contre les pucerons. Elles n’occasionnent par ailleurs, aucun problème sanitaire. Par contre, elles peuvent vite devenir désagréables pour l’homme lorsqu’en grand nombre, elles envahissent les habitations. Voici quelques précautions à prendre.

Le meilleur moyen d’éviter les désagréments reste la prévention : il faut empêchez les coccinelles d’entrer chez vous lorsqu’à l’automne, elles se rassemblent sur les façades ensoleillées. Colmatez les ouvertures et les fissures, autour des portes et fenêtres, dans le revêtement extérieur de l’habitation, dans les fondations... Recouvrez les bouches d’aération de moustiquaires.

Si les coccinelles sont déjà chez vous, recueillez-les à l’aide d’un aspirateur et euthanasiez-les. La méthode la plus propre consiste à les placer quelques heures dans un bocal au congélateur.

Soyez toutefois vigilants: limitez-vous à l’espèce exotique et épargnez les espèces indigènes.

Comment reconnaître une coccinelle asiatique d’une coccinelle indigène ?

Impossible de faire la distinction en fonction des couleurs ou des taches. La coccinelle asiatique varie en effet du jaune au rouge foncé avec peu ou beaucoup de points sur les élytres (les ailes extérieures durcies qui protègent et recouvrent les ailes postérieures). Il existe cependant quelques caractéristiques qui établissent la distinction :

  • La coccinelle asiatique est une espèce de grande taille (5 à 8 mm) par rapport aux espèces indigènes (coccinelle à 2 points, coccinelle variable, coccinelle à 7 points, coccinelle arlequin) qui, elles, ne dépassent pas les 5 mm.
  • Son pronotum, c’est-à-dire la partie entre la tête et le corps se caractérise par l’un des trois motifs suivants :
    • un « M » noir sur fond clair ;
    • une « patte de chat » noire (une tache centrale avec 4 autres taches en demi-cercle autour d’elle) sur fond clair ;
    • deux larges bandes claires sur fond noir.
  • Elle possède aussi un bourrelet transversal à l’extrémité des élytres.

Poursuivre la lutte biologique

Les coccinelles restent d’excellents agents de lutte biologique. Toutefois, vu les circonstances, il est désormais recommandé de n’utiliser que des larves de coccinelles indigènes, comme celles de la coccinelle à deux points.

Date de mise à jour: 06/10/2016
Documents: