Vous êtes ici

Le sanglier

2009_cbe_mammiferes_0011.jpg

Exterminé probablement pour sa viande a une époque où celle-ci faisait cruellement défaut, le sanglier avait disparu de la forêt de Soignes depuis 1917. Aujourd’hui, le fait est là : après plusieurs décennies d’absence, l’animal est bel et bien de retour à Bruxelles. Les premiers individus ont été repérés au cours de l’hiver 2006.

Comment sont-ils arrivés là? Le doute subsiste toujours. Les gestionnaires de la forêt pensent que les sangliers ont migré d’eux-mêmes, quittant les forêts wallonnes surpeuplées à la recherche de nouveaux territoires. Mais il est également possible que ce retour soit dû à une introduction clandestine volontaire. On estime la population actuelle entre 15 et 30 individus répartis sur l’ensemble de la forêt (c’est-à-dire sur le territoire géré par les trois Régions).

Une présence sous contrôle

Le sanglier est l’un des plus gros mammifères sauvages d’Europe. Vivant dans les zones arborées, il recherche la quiétude et le couvert ; il a aussi besoin de nourriture en abondance (glands, châtaignes, faînes, vers et larves, rhizomes, plantes forestières herbacées ou arbustives, petits rongeurs…) et de beaucoup d’eau. La forêt de Soignes est à ce titre relativement accueillante pour lui. Et pourrait l’être davantage dans les années à venir étant donné l’actuelle politique de rajeunissement et de diversification des peuplements du massif.

Un autre facteur favorable pour lui serait la réalisation de projets d’écoducs et d’écoviaducs. Les axes de transports (E411, Ring O, ligne 161 chemin de fer…) qui morcellent la forêt sont, en effet, des entraves à la libre circulation du sanglier, comme à celle d’autres espèces. Pour y remédier, la Région bruxelloise envisage l’aménagement de voies de circulation au-dessus ou en dessous des obstacles que constituent les voies de chemin de fer ou les autoroutes, pour favoriser le déplacement des espèces animales et végétales.

Chaque année, les femelles sangliers (laies) mettent bas 4 à 7 marcassins. L’espèce peut donc se révéler très prolifique si toutes les conditions nécessaires à sa survie sont réunies. D’autant qu’en forêt de Soignes, la chasse est rigoureusement interdite. Pour éviter la surpopulation et le fragile équilibre forestier du massif, les sangliers de la forêt de Soignes sont étroitement surveillés.

Un plan d’action sur l’espèce est en préparation pour l’ensemble du massif. Il prévoit de la réguler en la limitant à un nombre d’individus acceptable eu égard aux contraintes de la forêt de Soignes (son morcellement, les ressources alimentaires qu’elle fournit…).

Hôte désirable ou indésirable?

Contrairement aux idées reçues et pour autant que l’espèce ne soit pas en situation de surpopulation, la présence du sanglier s’avère bénéfique à l’écologie de la forêt. En fouinant la terre à la recherche de nourriture (champignons, tubercules…), il assure la dissémination des graines et leur enfouissement ; il mélange l’humus aérant ainsi les sols forestiers. Omnivore, il mange aussi de petits rongeurs dont il régule la population. Sans compter les larves d’insectes parasites pour de nombreuses plantes, dont il s’accommode fort bien.

Par contre, lorsque la nourriture se fait plus rare, le sanglier n’hésite pas à sortir de la forêt, causant des dégâts dans les champs, les prairies ou les jardins situés en lisière. Pour s’en protéger, la pose d’une clôture robuste s’impose. Le service forestier de Bruxelles Environnement peut fournir à la demande toute information sur le sujet.

Que faire en cas de rencontre ?

En principe, vous ne devriez pas rencontrer de sanglier lors de vos promenades en forêt. Farouche, l’animal évite la présence humaine, préférant s’enfuir ou se cacher. De plus, il vit surtout la nuit, à l’écart des chemins, dans les zones broussailleuses.

Néanmoins, si tel devait être le cas, ne l’effrayez pas et ne l’approchez pas. En effet, habituellement paisible, il n’hésitera pas à charger s’il se sent menacé ; surtout si l’animal est blessé ou s’il s’agit d’une laie qui veut protéger ses petits. Restez donc immobile, ne lui barrez pas le chemin et attendez qu’il s’éloigne.

Il est également impératif de garder son chien en laisse.

Si vous découvrez un sanglier mort ou blessé, surtout ne le touchez pas ; signalez-le plutôt au garde forestier ou au service Info-environnement (au 02 775 75 75) de Bruxelles Environnement.

 

Date de mise à jour: 14/04/2017
Documents: 

Pour commander une version papier: 02 775 75 75 ou contacter le service Info-environnement par courriel