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Milieux humides

Autrefois, en bordure de Bruxelles, s’étendait une campagne parsemée d’étangs et de zones humides qu’alimentaient de nombreuses rivières à ciel ouvert. L’urbanisation a orchestré la mise à sec des trois quart des étangs, et la transformation de rivières en égouts à ciel ouvert, qu’il a fallu ensuite voûter pour des raisons d’hygiène. La ville a continué de s’étendre ensuite, gagnant sur la campagne de nouveaux territoires, fragmentant les vallées, imperméabilisant les sols. La flore des milieux humides et aquatiques, très répandue il y a un siècle encore à Bruxelles, a donc fortement régressé suite à ces aménagements urbains. Les abords de la Woluwe et du Molenbeek, le Moeraske et certains coins d’Uccle témoignent à petite échelle, de ce que furent les paysages humides qui ont fait l’histoire de Bruxelles.

La flore des milieux aquatiques

Dans certains cours d’eau et étangs bruxellois, là où l’eau est de bonne qualité, on trouve le Nénuphar jaune, les algues du genre Chara, la Ceratophile et diverses espèces de potamots. Ces plantes aquatiques participent à l’oxygénation et à l’épuration de l’eau. Elles servent aussi d’abri à la faune aquatique.

Le Nénuphar blanc, particulièrement sensible à la pollution et au sel de déneigement s’écoulant dans les points d’eau proches des voies de circulation, a disparu des étangs du Rouge-Cloître. Par contre, il a été réintroduit avec succès dans le parc de Woluwe, au Jardin Jean Massart, dans l’étang du Fer à Cheval (dans la réserve naturelle des Enfants noyés) et parvient à s’y maintenir, preuve de la bonne qualité des eaux à ces endroits.

Les plantes des bords de l’eau

On les appelle les plantes hélophytes. Enracinées dans l’eau, leur tige, leurs feuilles et leurs racines sont aériennes. L’Iris jaune, l’emblème de la région bruxelloise, est la plante hélophyte par excellence. Citons aussi les différentes espèces que l’on associe aux roseaux : le véritable roseau (appelé Roseau commun), la Massette, le Rubanier, les Carex, la Baldingère… Ici et là, au parc des Sources à Woluwe-Saint-Lambert, au Rouge-Cloître, à Val Duchesse, dans les réserves des Enfants Noyés et du Vuylbeek en forêt de Soignes, dans les marais de Jette et Ganshoren, au Scheutbos ou encore dans le parc Roi Baudouin, ces plantes forment de très belles roselières et cariçaies  très recherchées par l’avifaune aquatique et des zones humides (Grèbe castagneux, Rousserolle effarvate, Poule d’eau, Héron cendré, canards de diverses espèces).

Dans les prairies humides

Aujourd’hui protégé (zone Natura 2000), le marais de Ganshoren rappelle ce qu’étaient les prairies humides de la vallée du Molenbeek où poussaient de nombreuses graminées, des Carex, le Populage des marais, la Cardamine des prés, le Lychnis fleur-de-coucou… Fauchées deux fois par an, ces prairies humides étaient utilisées jadis pour le fourrage des animaux.

La gestion des milieux humides préconisée par Bruxelles Environnement, le programme régional de maillage bleu ainsi qu’une réglementation urbanistique plus stricte favorisent depuis quelques années le maintien et la relative bonne santé des milieux humides qui ont été conservés à Bruxelles. Il reste encore beaucoup à faire, mais la flore liée à ce biotope particulier se porte mieux aujourd’hui qu’elle ne l’a été.

Date de mise à jour: 10/02/2017