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Focus: L'outil PLAGE, temps pour un nouveau bilan

Le PLAGE est un outil qui débouche sur des résultats environnementaux très concluants, grâce à une gestion efficace des consommations énergétiques et à moindre frais : milliers de tonnes de CO2 évité, réduction de l’ordre de 16% de la consommation en combustibles et stabilisation de la consommation électrique. Les économies réalisées se chiffrent en quelques millions d’euros. En outre, le PLAGE est pourvoyeur de quelques emplois (responsable énergie), qui perdurent souvent au-delà de la durée du programme.

Dans l’état de l’environnement 2007-2008, un bilan intermédiaire de l’outil PLAGE avait été présenté. 5 ans plus tard, de nombreux PLAGE se sont achevés, avec des résultats convaincants : l’occasion de valoriser les progrès réalisés dans ce nouvel état de l’environnement.

Objectif ? Diminuer la consommation énergétique

Le programme PLAGE (Plan Local d’Action pour la Gestion Energétique), instauré en 2005, vise une gestion proactive des consommations d’énergie. Il consiste tout d’abord à réaliser un cadastre énergétique du parc de bâtiments, lequel sert à déterminer les bâtiments prioritaires (i.e. les plus énergivores ou ceux qui offrent le plus de potentiel d’économies d’énergie à court terme) puis à établir un plan d’action. La mise en œuvre de ce dernier s’accompagne d’un suivi de l’évolution des consommations d’énergie (aussi appelée « comptabilité énergétique »). Le plan d’action couvre une période de 3 à 4 années et peut être reconduit à l’issue de cette période avec la définition de nouveaux objectifs (par exemple : extension à d’autres bâtiments, interventions plus lourdes sur les installations et l’enveloppe du bâtiment).

La démarche du PLAGE

Source : Bruxelles Environnement, dpt. Bâtiments durables – accompagnement des professionnels, 2014

La démarche du PLAGE

Le PLAGE vise les « gros consommateurs » d’énergie, publics et privés, du fait de la superficie importante de (parc de) bâtiment(s) qu’ils occupent ou détiennent. Ils appartiennent au secteur tertiaire (communes, hôpitaux, écoles…) mais aussi aux secteurs assimilés (tels que le logement collectif ou les institutions d’hébergement).

D’une démarche volontaire à une obligation réglementaire

Démarche volontaire et pilote à son lancement, différents appels à projets (présentés en détail plus loin) ont concerné entre 2005 et 2014 quatre types de propriétaires gestionnaires : les communes, hôpitaux, les réseaux d’enseignement et les sociétés immobilières de service public (SISP).

Fort du succès rencontré, le PLAGE a été rendu obligatoire par le Code Bruxellois de l’air, du climat et de la maîtrise de l’énergie (COBRACE) à partir de 2015 pour :

  • Les gestionnaires ou propriétaires privés d’un patrimoine immobilier supérieur à 100.000 m²,
  • Les pouvoirs publics (autorités fédérales, régionales, et communautaires, Union européenne) qui détiennent ou occupent un (parc de) bâtiment d’une superficie de plus de 50.000 m².

Le PLAGE obligatoire transpose certaines dispositions de la directive 2012/27 relative à l’efficacité énergétique. Le patrimoine immobilier couvert représente une superficie totale estimée à 15 millions de m2, soit un peu moins d’un dixième de la superficie régionale (Bruxelles Environnement, dpt. Bâtiments durables – accompagnement des professionnels, 2015) : un potentiel gigantesque donc par rapport aux projets pilotes déjà mis en place (voir ci-dessous).

Le futur plan air-climat-énergie, en cours d’adoption, prévoit d’abaisser le seuil d’imposition du PLAGE obligatoire pour les pouvoirs publics.

Au vu des résultats obtenus et des spécificités que présentent les différents secteurs ayant pu bénéficier du programme PLAGE volontaire, le programme PLAGE SISP volontaire sera prolongé.

Présentation des PLAGE pilotes

Les PLAGE pilotes ont été mis en œuvre dans 434 bâtiments totalisant une surface de près de 2,4 millions de m2. 34 responsables énergie ont été recrutés.

PLAGE pilotes

Les appels à projets se distinguaient par certaines spécificités :

  • Pour les communes, un patrimoine immobilier très hétéroclite : bâtiments administratifs, centres sportifs/piscines, écoles, entrepôts, bibliothèques, logements collectifs…
  • Dans les écoles, de grandes périodes d’inoccupation des locaux (vacances scolaires) et une consommation de combustibles particulièrement élevée (près de 90% de la facture énergétique).
  • Dans les hôpitaux, une gestion énergétique particulière compte tenu de l’augmentation en équipements techniques sophistiqués et de la hausse de la fréquentation.
  • Dans les logements collectifs, la complexité de la comptabilité énergétique par bâtiment compte tenu du fait que les chaufferies collectives servent à plusieurs bâtiments.

Des résultats convaincants sur le plan énergétique comme financier

Un des grands avantages de cet outil est l’obtention rapide de résultats (économies d’énergie et donc financières), pour un bénéfice net financier généralement positif : la dépense évitée ne cesse de croître pendant la durée du PLAGE et le retour sur investissement (y inclus le coût salarial du responsable énergie) est obtenu en moyenne en moins de 5 ans (Bruxelles Environnement, mai 2013). Naturellement il convient de rappeler que les PLAGEs visent des bâtiments prioritaires, où la marge de manœuvre en termes d’économies d’énergie et financières est potentiellement importante.

L’ensemble des PLAGE pilotes a abouti aux résultats suivants (Bruxelles Environnement, 2015) :

  • une réduction de l’ordre de 15% de la consommation en combustibles, sans perte de confort pour les occupants (voir figure ci-dessous) ;
  • environ 10.000 tonnes d’émissions de CO2 évité chaque année ;
  • une stabilisation de la consommation électrique (qui aurait sans PLAGE augmenté de 2% chaque année) ;
  • des économies sur la facture énergétique évaluées à 4,25 millions d’euros par an ;
  • de plus, au-delà de la période initiale de 3 à 4 années, les organisations participantes ont généralement continué à améliorer la gestion de leurs consommations d’énergie (jusqu’à 30% d’économies d’énergie par rapport à la situation initiale) ; et ce, d’autant plus si un responsable énergie était présent.

Evolution des consommations en combustibles normalisées pour les PLAGEs pilotes

Source : Bruxelles Environnement, dpt. Bâtiments durables – accompagnement des professionnels, 2015

SISP = Société Immobilière de Service Public

* Pour les communes, il s’agit des chiffres pour la phase 2. L’évolution pour la phase 1 était de l’ordre de 16%.

Evolution des consommations en combustibles normalisées pour les PLAGEs pilotes

Il est utile de préciser que la diminution des consommations énergétiques ne s’accompagne pas systématiquement d’une baisse de la facture énergétique, en raison de l’augmentation des prix de l’énergie. Ainsi les PLAGEs dans le cas des communes et des hôpitaux n’ont pas abouti à une diminution de la facture énergétique mais ils ont permis de la juguler. Par ailleurs, le PLAGE est l’occasion de mener des actions directement bénéfiques pour la facture énergétique (telle que la négociation du contrat de fourniture d’énergie) mais sans incidence sur l’environnement.

Un bilan détaillé des résultats énergétiques et des gains financiers par PLAGE voire par organisation participante est disponible dans les info-fiches référencées ci-dessous.

Les clés du succès

Les clés du succès de l’outil PLAGE pourraient être résumées de la manière suivante :

  • Miser sur une collaboration étroite entre tous les intervenants, qu’il s’agisse des fournisseurs d’énergie, des professionnels gérant les installations, des équipes dirigeantes ou même des occupants. A cet égard, le rôle (et la compétence) du responsable énergie ont été maintes fois soulignés par les participants comme essentiels à la réussite du projet puisqu’il en garantit la coordination et le suivi. La sensibilisation des différents intervenants mène à leur implication active dans le projet mais aussi à une adaptation de leurs comportements.
  • Se baser sur des indicateurs chiffrés de suivi, qui rendent compte des efforts et des économies réalisés (tant sur le plan énergétique que financier). La comptabilité énergétique apparait comme un réel facteur de motivation pour les intervenants à poursuivre leurs efforts.
  • Se concentrer sur les bâtiments prioritaires, à savoir les plus énergivores.
  • Privilégier dans un premier temps des actions simples et des travaux dont le retour sur investissement est rapide.
  • Dégager dans un second temps des moyens financiers grâce aux économies réalisées, qui peuvent alors servir à payer des investissements plus lourds en faveur de gains d’énergie ou même être réinjectés dans d’autres postes (tels que l’achat de matériel didactique dans les écoles).
  • Allier bénéfice environnemental et rentabilité économique.

Une des plus belles réussites est sans conteste la poursuite fréquente de la dynamique (et bien souvent de la pérennisation du poste de responsable énergie) au-delà de la période de l’appel à projets.

Les interventions gagnantes pour économiser l’énergie

Une des actions phares, simple et aux bénéfices immédiats, est la régulation du chauffage. En effet, l’état des lieux a révélé que la plupart des bâtiments soumis à PLAGE était trop chauffée ou chauffée inutilement (par exemple pendant les phases d’inoccupation, telles que pendant les vacances scolaires pour les écoles). L’abaissement des températures de consigne pour l’air ou l’eau chaude sanitaire voire la coupure de certaines installations permettent de réduire directement les consommations. Naturellement, l’automatisation des possibilités de régulation offre une plus-value intéressante.

Autre action simple à mettre en œuvre : l’entretien des installations (de chauffage notamment). Un suivi technique et des factures ainsi que des exigences accrues insérées dans les contrats de maintenance permettent tout à la fois la détection d’anomalies et un fonctionnement optimal des équipements.

Il est également possible d’accroître l’efficacité des systèmes de chauffage par le calorifugeage des conduites, le placement de panneaux réflecteurs derrière les radiateurs ou le remplacement de chaudières vétustes.

L’isolation est évidemment un poste essentiel, bien que requérant quelques moyens financiers, qu’il s’agisse d’augmenter l’étanchéité à l’air par le colmatage de fuites ou de réaliser des travaux d’isolation des toits, plafonds, murs.

Date de mise à jour: 24/05/2016